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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:28

« Une baguette bien blanche, s'il vous plaît ». Voilà la drôle de demande que j'entends souvent quand je vais à la boulangerie acheter ma « baguette, bien cuite s’il vous plaît ».



Qu'est ce qui peut pousser ainsi les gens, de plus en plus de gens, semble-t-il, à réclamer ce pain trop blanc, pas vraiment cuit ? Comment peut-on ignorer ce pain à la croûte craquante, dorée et même presque noircie par le four ? Le pain ne doit-il pas avoir l'odeur du pain ? Mais peut-être ces mangeur de pâte à pain à peine cuite, presque flasque, n'ont-il pas de souvenirs qui leur remontent aux narines ?



Le pain se perd. Les adorateurs du pain trop blanc ont sans doute été habitués dès leur plus jeune age à ce que l'on appelle encore pain mais qui se vend en sachets, découpé en usine. Évidemment, ce « pain » là n'a pas d'odeur, il ressemble à toute cette nourriture insipide, juste trop salée, qui est devenue la norme dans cette économie où les tomates sont rondes et rouge vif, mémé en hiver, où le steak n'est qu'un morceau de matière, pas trop rouge lui, dans une barquette. Et encore, je n'ai rien dit du poisson carré et recouvert d'une épaisse couche de graisse douteuse déguisée en panure... Ni même de ces plats que l'on ose appeler « cuisinés ».



Ceux qui réclament leur baguette bien blanche sont aussi ceux qui regardent l’œil méfiant la cote de porc d'un rose marqué bordée d'une belle couche de gras de deux centimètres que certains bouchers proposent. Mais ce porc là a du goût, il ne ressemble guère à ces produits de l'élevage industriel qui perdent la moitié de leur poids dans la poêle.



Eh bien non, je ne suis pas normal. Je ne réclame pas une viande sans gras, ni une tomate calibrée, en bien sur pas non plus une baguette sans goût.



Le pain, si ça n'est pas doré, brun même, ce n'est que de la pâte. Et puis, le pain ça doit avoir une odeur. Le pain, ça doit réveiller les souvenirs, ceux d'un endroit qui n'existe plus depuis longtemps et où le comptoir était plein de miettes, où l'on vendait des pains de 500 plutôt que des baguettes, où je ne pouvais qu'apercevoir ce pain que derrière le comptoir qui était bien trop haut pour mes yeux.



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Published by Lyonnel Groulez - dans Au jour le jour
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