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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 10:41

 

C’est un froid un peu vif, pas glaçant, non, mais pas une simple fraicheur. L’air est immobile de l’Atlantique à l’Oural, paraît-il. Février, les jours allongent, cette année comme toutes les autres et le soleil d’hiver luit plus qu’il ne brille. Au loin, quelques cheminées libèrent une fumée qui s’enfonce très haut, blanche dans un monde bleu.

 

Mais c’est le nez qui pique plus que les yeux. Il reconnaît cette fragrance. Rien de bien naturel sans doute, aucune fleur, aucun animal, pas d’air marin non plus. Non, juste cette odeur prenante qui revient de l’enfance. Il fait froid, les fumées stagnent.

 

L’air aujourd’hui a ce goût d’enfance. Celui des usines, celui du charbon lointain. Elles ont disparu depuis longtemps mais j’entends grincer les molettes, ou leurs fantômes accompagnés des ombres qui reconstruisent les chevalets, dressent à nouveau les cheminées de briques d’où jaillit encore cette fumée âcre qui brûlait mais nous ne le savions pas.

 

Bientôt, dit la météo, une perturbation océanique balaiera tout cela, la pluie peut-être me fera oublier cette odeur de jeunesse qui m’a pris le nez ce matin.

 

Le monde est loin.

 

MatinBrogneUsines

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commentaires

O

Oui, écrire est une découverte.
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O

C'est un très beau texte. J'aime beaucoup. Poétique et humoristique, qui met en correspondances des bouts de sens et de souvenirs pour former une unité, étonnante et belle.
Ophélie
Répondre
L


N'est ce pas étonnant ce qui s'écrit, comme ça, sans que nous le voulions vraiment?