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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 13:04

C’est la saison ! Pas celle des cerises, pas encore puisque le printemps est maussade, celle des examens, celle qui revient à date fixe imperturbablement qu’il fasse beau, qu’il fasse mauvais, que mai tourne en pluviôse ou anticipe thermidor.

 

Depuis quelques jours, des groupes de jeunes gens, bien calmes, bien propres, ont envahi les rames de trains de banlieue et de RER. On les reconnaît facilement : ils ne savent pas bien si l’arrêt où ils vont sera marqué, et s’en inquiètent. Ils ne ressemblent guère aux usagers habituels, plus jeunes, moins endormis dès le matin aussi. Et puis, on les entend parler. Ils commentent ces épreuves, ce qu’ils ont raté, ce qu’ils ont réussi, du moins de la façon dont ils le ressentent et parfois ils s’aperçoivent que peut-être ce n’est pas aussi bon, ou aussi mauvais. Et ils s’interrogent sur l’avenir : pas tellement sur le chômage qu’on leur promet d’éviter dans ces écoles souvent à but fort lucratifs qu’ils fréquentent mais plutôt sur la suite de leurs études, sur l’inscription pour l’année prochaine.

 

La mode en ce moment, c’est l’alternance. A première vue, tout le monde est gagnant : l’étudiant prend contact avec ce monde du travail qui sera celui de ses quarante prochaines années et l’entreprise, qui doit en principe lui transmettre un savoir-faire à défaut de savoir tout court, reçoit un salarié assez bon marché qu’elle a tout loisir de tester avant, si vraiment cela en vaut la peine, de l’embaucher. Mais évidemment, les margoulins de la formation privée se sont introduits là dedans et ce que l’on entend dans ces trains n’est guère réjouissant. Telle « école » réclame des frais d’inscription élevés, des chèques de caution en arguant que l’entreprise va les payer et que ce n’est que dans le cas, annoncé improbable, où finalement l’étudiant ne trouverait pas cette entreprise que cet argent lui serait réclamé. Pourtant ces étudiants savant bien quelle est la réalité : ces officines à but lucratif déploient peu d’efforts pour « placer » leurs élèves, puisque cela n’est en réalité pas leur objectif et que seul compte leur résultat financier. Bien sûr, certains organismes sont sérieux et beaucoup d’étudiants sont très satisfaits d’avoir opté pour cette alternance qui leur assure à la fois une formation reconnue, une expérience qui leur permettra de trouver plus facilement un vrai boulot, mais aussi un relatif confort matériel, même si pour l’instant, dans le train qui les conduit au centre d’examen, le confort est plutôt celui d’une boîte de sardines.

 


 

Rainier Cherries

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commentaires

F

c'est dur partout maintenant avant on n'avait pas ces stages à faire en entreprise
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L


Dur, je ne sais pas mais l'insouciance tombe plus tôt pour les étudiants. Cela dit, autrefois, bien des étudiants d'aujourd'hui auraient commencé à travailler, sans diplôme, bien plus tôt encore.



M

j'attend la periode des cerises avec impatience     j'adore    ma preference les burlats    hihi  bonne journée


Marcel
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L


Tiens ce matin, j'ai aperçu les cerises dans les arbres.