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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 12:25

La fraîcheur m’a surpris ce matin. Peut-être étais-je resté dans l’impression de printemps glanée hier à Toulouse ? Le Touch était encore gonflé, la prairie était couverte de taches blanches, pâquerettes venues à l’heure dite.

 

La fraîcheur. Immanquablement, dans cette impression, c’est un matin de plus en plus lointain qui me vient à l’esprit. Un matin près de Ferkesédougou. J’ai connu des froids bien plus vifs, comme celui que procure le vent qui s’engouffre dans les rues trop droites des villes américaines et dont on tente de se protéger d’un bonnet vissé sur la tête ou en plongeant ses mains dans d’épaisses mitaines. Pourtant, c’est bien au froid de la savane que je pense quand le matin, ici, dans la rue, je rencontre cette fraicheur-là.

 

Il ne faisait sans doute pas si froid ce matin de janvier d'un autre siècle, déjà, à Ferkessédougou. L’harmattan devait souffler, un peu. Nous n’étions pas emmitouflés et probablement vêtus de simples chemisettes, de pantalons légers, ceux de l’été permanent qui était notre ordinaire. Nous ne remarquions probablement pas que les gens qui vivaient là se protégeaient d’un bonnet de laine et avaient revêtu de gros manteaux incongrus.

 

Le matin de Ferkessédougou était frais. Il était brumeux, sans que l’on sache bien si ce n’était pas plutôt une vague de poussière qui nous entourait. La lumière rasante annonçait un jour ordinaire où la chaleur finirait par l’emporter, un autre jour sans pluie puisqu’il ne tomberait pas une goutte avant plusieurs mois.

 

Nous avions vingt ans, ou à peine plus. Le monde nous appartenait. Mais ce matin-là, dans la fraîcheur, nous appartenions au monde.

 

Korhogo1983-copie-1

Matin de Ferké

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 09:44

Eh bien voilà, je me retrouve avec plusieurs brouillons et rien que j'aie envie de publier.

 

Le post sur les tutelottes attendra donc.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6a/Jacinthe.jpg

Sous bois au printemps

Un tapis de tutelottes

Nos songes ouvrira

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 23:13

La presse française n'en a rien dit, ou presque. Ce n'est que par Frat-Mat (alias Fraternité Matin) que j'ai appris la nouvelle, et encore, par un tweet.

Chinua Achebe est mort. Il nous a quitté à 82 ans.

 

Probablement, certains de ceux qui liront cela se demanderont de qui je parle. Chinua Achebe est le premier écrivain ouest-africain de langue anglaise connu. Bien avant le prix Nobel Wole Soyinka, le cousin de Fela. Il est surtout célèbre pour son roman "Le monde s'effondre" ("Things fall apart").

 

On peut un peu expliquer ce chef d’œuvre qu'est "Le monde s'effondre" par une citation de Chinua Achebe: "Pour ma part, je serais plus que satisfait si mes romans pouvaient déjà montrer à mes lecteurs que leur passé -avec toutes ses imperfections- n'était pas une longue nuit de sauvagerie dont ils ont été délivrés par les premiers Européens agissant au nom de Dieu.". Cela situe assez bien ce monde qui s'effondre, qui est celui d'une Afrique antérieure à la colonisation, dans ses règles ancestrales qui n'ont rien d'un monde sauvage, une Afrique que seuls des attardés archaïques osent encore nier en s'enfermant dans ce mythe qui prétend que l'homme blanc a trouvé le néant et a fait entrer ce continent oublié dans l'histoire. Oublié, oui, par une histoire ethnocentrique qui a soigneusement enlevé les traces des échanges anciens avec les autres mondes, ceux de l'époque où l'empire de Kango Moussa figurait sur les cartes du roi de France.

 

A tous ceux qui confondent l’Afrique avec sa caricature, celle de Tintin au Congo ou encore, hélas, celle de certains discours trop récents pour être plus ignorants que malveillants, je recommande de prendre le temps de lire "Le monde s’effondre". Il décrit la fin d'un monde, celui de ses ancêtres, celui de ses propres grand-parents. Vous verrez, il n'était pas si différent de celui de nos grand-parents.

 

Et pour ceux qui douteraient de l'importance d'Achebe, je ne citerai que l'un des tweets vu aujourd'hui:

Sur l'article qui est référencé par le tweet, on peut lire ceci: Nelson Mandela referred to Prof. Achebe as a writer “in whose company the prison walls fell down”.

 

Bien sûr, on peut toujours dire que l'on n'a pas envie de le lire. Mais voilà, aujourd'hui, j'ai appris la disparition de Chinua Achebe, et je ne pouvais faire autrement qu'écrire quelques mots à sa mémoire.

 

Lisez-le.

 

PS: La presse française, avec un peu de retard, s'est décidée à annoncer cette disparition. On y trouvera biographie et éloge:

Mais, c'est en anglais qu'il faut lire l'article du Huffington Post dont voici un extrait:

"It would be impossible to say how `Things Fall Apart' influenced African writing," the African scholar Kwame Anthony Appiah once observed. "It would be like asking how Shakespeare influenced English writers or Pushkin influenced Russians. Achebe didn't only play the game, he invented it."

"Things Fall Apart" has sold more than 8 million copies worldwide and has been translated into more than 50 languages.

Et sa traduction

"On ne peut pas dire combien "Le Monde s'effondre" a influencé la littérature africaine, a déclaré un jour l'universitaire africain Kwame Anthony Appiah, "Ce serait demander quelle a été l'influence de Shakespeare sur les écrivains anglais ou Pouchkine sur les russes. Achebe ne fait pas seulement partie du jeu, il l'a inventé."

"Le monde s'effondre" s'est vendu à plus de 8 millions d'exemplaires de par le monde et a été traduit dans plus de 50 langues.

Voilà, ces mots extraits de la nécro du Huffington Post situent l'importance dans l'histoire de la littérature mondiale de Chinua Achebe. Et non, je ne découvre pas aujourd'hui, il fait partie depuis toujours de ma bibliothèque proposée par le lien à droite de ce blog.

 


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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 22:09

 

Vendredi ! Chaque semaine, je m’offre, pour deux euros, le droit de rêver. Aujourd’hui, ce sont cent millions qui sont proposés. Oh, je sais bien que les probabilités sont contre moi, qu’il est presque impossible que je reçoive demain cette fortune. Oui, mais tout est dans le « presque ». Infinitésimale, pas nulle.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Trebol_cuatro.jpg?uselang=frLes deux euros que j’ai payé, c’est le prix de l’imagination, le droit de planifier l’utilisation de cette fortune. Comme tout le monde, sans doute, je m’offrirais quelques plaisir égoïstes. Un Saint Emillion de grand millésime, un Armagnac longtemps vieilli, que sais-je. Non, pas de voiture de sport. Probablement pas non plus de maison luxueuse, je n’aime guère ce milieu. Peut-être, si elle était à vendre achèterais-je la maison où je suis né, où je ne retrouverais pourtant pas les souvenirs qui y sont nés aussi mais se sont envolés depuis longtemps.

 

C’est vrai que cette semaine, c’est une somme. Elle permet de faire grossir les rêves. J’aimerais acheter quelques appartements dans les beaux quartiers, certainement pas pour les habituer car on s’ennuie chez les bourgeois hautains calfeutrés derrière leurs portes blindées. Non, je les louerais pour une bouchée de pain à des pouilleux, à ceux dont les méprisants personnages qui aiment ces morceaux de villes réservés veulent fuir. L’idée me plaît.

 

On ne peut pas changer le monde avec cet argent, sans doute. Sinon, d’autres qui ont des moyens bien plus grands y seraient parvenus. Tiens, drôle de mot. Mais au moins peut-on apporter sa pierre à l’édifice, il y a tant à faire, on n’a même pas creusé les fondations. Il est vrai que dans notre société, pour avoir de l’argent, comme pour le pouvoir, il faut d’abord le vouloir, le désirer, et fort. L’argent est devenu un but pour certains qui ne se rendent même plus compte que leur accumulation égoïste, qui se nourrit de la misère d’une multitude, est insensée.

 

Ah oui, 325000 francs. Le monde n’a pas tellement changé depuis 1955.

 

PS: j'ai changé la date pour remettre le post sur Chinua Achebe en tête.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 06:09

Une cabine perdue

Qui penche comme une tour à Pise

Résiste à la bise

 

 

http://a392.idata.over-blog.com/1/07/02/59/Photo-coucou-haiku/2013/P106-cabine-telephone.jpg

 

La cabine aimait

Son poteau qui se faisait

Bel indifférent

 

Petite contribution au coucou du haïku du 22 mars

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 23:59

Là, maintenant, j'ai envie d'écrire une histoire à quatre mains. Si ça vous dit...

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 06:09

C’est un goujat ordinaire. Il entre dans la rame et bouscule ceux qui y sont déjà tout en bougonnant un « pardon », puis un second plus ferme qui explique à tout un chacun qu’il ne demande pas mais qu’il exige.


Aussitôt, je vois en cet homme sans âge, à la tenue faussement décontractée qui convient à l’ouest parisien, un banquier. Oh, le terme est exagéré, juste un employé de banque, un de ceux qui accueillent le bon client d’un air obséquieux et qui irradient le mépris quand un pauvre bougre vient quémander un délai, quand le plombier espère un peu d’air qu’on lui refuse en souriant tout en invoquant les contraintes qu’ impose « le siège ».

 

Le goujat ordinaire oblige ma voisine à me pousser, et moi, tant bien que mal, je résiste, bascule, me redresse et évite d’être le domino qui fait tomber les autres. Je suis un héros ordinaire. Oh, cela n’irait pas bien loin, la porte opposée nous arrêterait. Je ne suis peut-être pas un héros, finalement. L’homme est tranquille, ignore la foule entassée dans cet espace réduit. Lui, il a trouvé sa place et on sait qu’il se précipitera sur le premier siège qui se libérera au prochain arrêt, sans même s’assurer qu’il n’y a ni femme enceinte, ni vieillard fatigué espérant aussi cette banquette salvatrice.

Le goujat ordinaire est descendu avant moi. Nous nous sommes ignorés. Demain, un autre goujat ordinaire se présentera, il faudra bien lui dire son fait. Sinon, à quoi sert d’être un héros ordinaire ?



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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 06:15

Tiens, c’est le printemps. C’est écrit sur le calendrier qui est au mur. Mercredi 20 mars : Printemps, pas Saint Ambroise, ni Saint Archippe, non simplement « printemps ».



On peut donner bien des sens au printemps. Mon vieux fond scientifique me dit que c’est le moment où les jours se mettent à rallonger moins vite : demain, le monsieur ou la dame météo de service, en annonçant le nombre de minutes de soleil gagnées devra être moins triomphal. Ce nombre, inexorablement, va diminuer jusqu’au solstice d’été quand, horreur, nous commencerons à perdre ces précieuses minutes de soleil.

 

Le ralentissement de l’allongement du jour à partir de cet équinoxe me laisse toujours pantois. On n’y peut rien, c’est ainsi et ce sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Il est vrai que quelque ministre joueur, prenant prétexte d’économies, accorda voilà quelques années une heure entière de jour aux soirées, mais il dut les prendre aux matins, lesquels auraient pu manifester en rangs serrés de la Bastille jusqu’à la Place de la Nation scandant des slogans outragés pour réclamer qu’on leur rende toute cette heure accordée, par pur favoritisme, aux soirées. Tout de même, un défilé des matins, promenant banderole dans les rues de Paris, j’aurai aimé voir ça.



Et l’équinoxe, pourquoi n’entend-on pas l’équinoxe élever la voix et réclamer plus de place, au lieu des deux malheureux jours annuels qu’on lui accorde. C’est injuste et la République Française, qui arbore fièrement le mot « égalité » dans la devise aurait dû penser à donner plus de place au moment où nuit et jour sont égaux. Et non seulement égaux chez nous mais partout. Bien sûr, le jour triche un peu et mord sur la nuit grâce au crépuscule, mais après tout, n’est-ce pas tout le contraire ? N’est-ce pas la nuit qui s’empare du jour ?



Mais je m’égare, le printemps, c’est scientifique.

 


Equinoxes et solstices

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 22:00

 

 

Ce matin, je fus laissé dubitatif par les mots et l’image qu’un lien reçu me fit découvrir. D’abord, j’ignorai ce que je vis.

 

 

 

Une eau doucereuse

Oublie un corps juvénile

Qui trouble les yeux

 

http://img.over-blog.com/439x600/2/92/71/79/Dossier5/Envie-de-femme.jpg  
   
 

L’envie capiteuse

De la femme mystérieuse

Est-elle si curieuse

 

 


 

 

Les petits riens éclairent.

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:06

Cette fois, je l'ai vue! La comète Panstarrs s'est montrée.

 

Bien sûr, les esprits chagrins diront qu’il ne s’agit que d’une tache de lumière à peine visible, et encore en la cherchant bien. C’est vrai, ce n’est que muni d’une boussole et d’une paire de jumelles que j’ai pu la distinguer, bas sur l’horizon ouest, un peu au sud. Une fois qu’on l’a repérée, on la devine dans le ciel, à l’œil nu.

 

Mais enfin, si on peut l’apercevoir dans un ciel sale, malgré les lumières de la ville, qu’aurait-on vu en un autre lieu, en un autre siècle ?

 

Je suis charpentier, et dans mon village du Gers, tout en haut, on sait qu’il y a un empereur là-bas à Paris, un neveu de l'autre dit-on, mais ici la vie est rythmée par les saisons et les étoiles du ciel nous montrent la voie quand parfois il faut retrouver son chemin. Cette lumière dans le ciel m’a surpris. Je vais à l’église le dimanche mais je ne crois pas aux manifestations surnaturelles. Mon fils Joseph, il s’appelle Joseph comme moi et comme mon père avant nous, me dit que cela s’appelle une comète, que c’est une sorte d’étoile, qui voyage dans le ciel. Joseph a été à l’école, bientôt il ira au lycée à Toulouse. Je le crois, mais tout de même cette étoile avec un panache qui se dresse vers le haut, c’est étrange.

 

http://amisduvieuxcastera.voila.net/images/eglisehistoriqueg.jpg

Là où Joseph vit la comète

 

Je suis paysan, un paysan de notre Gascogne, bien loin de la peste qui semble menacer tout le royaume. Ce soir, j’ai vu une étrange étoile dans le ciel. C’est sans doute un signe de Dieu : elle n’était pas là hier et elle est ornée d’un panache qui se dresse vers le haut. Est-ce le Saint Esprit qui se montre, ou est-ce au contraire le Malin qui nous menace. Un signe, oui, mais n’est-il pas maléfique ? Notre curé nous le dira. La peste nous épargnera-t-elle ?

 

Je suis un homme libre depuis que le maître est mort. Il m’a pris avec lui, car un esclave n’est rien d’autre qu’un bagage sans nom, quand il est venu dans cette lointaine contrée qui ressemble à cette province d’où nous sommes partis. Sa mort a été ma chance : ici, je passe pour un romain, ils ne savent pas que j’étais la propriété ce celui qui était aussi leur maître. Je suis libre et j’attends un signe. Les dieux du maître ne sont rien et je scrutais le ciel quand j’ai vu cette étrange étoile, celle qui est apparue et s’allonge vers le haut du ciel. C’est le signe, je vais rester ici.

 

Je ne suis pas encore un homme, j’ai à peine une conscience. Je ne sais pas que dans plusieurs dizaines de milliers d’années, vous appellerez cette terre Afrique et qu’un de mes lointains enfants m’imaginera et me ressuscitera pour un instant. D’ailleurs, je ne sais guère ce qu’est une année, alors des siècles, pensez… Ce soir, j’ai vu une étoile inquiétante. Les autres brillent mais celle-là, en plus crache une lumière au-dessus d’elle. J’ai peur.

 

Voilà, ces quelques âmes m’ont parlé ce matin et m’ont raconté ce qu’elles ont vu. Des âmes… Si seulement j’y croyais, aux âmes.

 

Note après publication: ce post est fait le jour de la St Joseph et c'est une pure coïncidence, relevée par hasard. A moins que les âmes n'y soient pour quelque chose, bien sûr.

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