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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 06:35

L'autre jour, j'ai téléchargé une application sur mon téléphone. Rien de bien original.

 

Elle permet de lire des ebooks, ça existe pour le matériel spécialisé mais aussi pour les ordinateurs et les téléphones. Pour voir ce que ça donne, j'ai recherché quelques textes gratuits. Et effectivement, il y en a parmi les oeuvres anciennes qui appartiennent au domaine public.

 

Depuis, dans le métro, je m'offre une quelques fleurs.


Étienne Carjat, Portrait of Charles Baudelaire, circa 1862

 

Baudelaire par Carjat

(Licence Commons)

Remords posthume

 

Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton coeur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini,
 - Car le tombeau toujours comprendra le poète, - 
Durant ces longues nuits d'où le somme est banni,

Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts? »

 - Et le ver rongera ta peau comme un remords.

 

Baudelaire (Les Fleurs du Mal)

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 06:09

 

 

Hier c'était donc le jour de Paris-Roubaix. Comme toujours quand je suis loin, j'ai allumé ma télé pour regarder. Je regarde peu la course, elle m'intéresse beaucoup moins qu'à dix ans quand je rêvais de Poulidor. Je me souviens avoir vu passer les champions, je ne sais pourquoi c'est le nom de Gimondi qui me revient et bizarrement, ou peut-être est à cause de cela, le nom de l'équipe, Salvarani, qui avait la consonance du nom d'un de mes copains d'école, lequel dans une oreille d'adulte une bonne quarantaine d'années plus tard n'a finalement en commun que le début et la fin. Un nom italien. Les noms polonais, c'est plus tard, au lycée que je les ai rencontrés.



Si je regarde Paris-Roubaix, rituellement ainsi, ce n'est donc guère pour la course, ou alors d'un œil distrait. Car il est occupé l’œil. Je retrouve les routes, les villes, les villages de mon enfance. Parfois, on devine un terril mais rarement j'arrive à le situer.



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/88/Hornaing_-_La_centrale_et_la_Fosse_Heurteau_en_1960.jpg/320px-Hornaing_-_La_centrale_et_la_Fosse_Heurteau_en_1960.jpgCette année, c'est la centrale d'Hornaing qui s'est invitée. Ses grandes tours sont visibles de très loin pour peu que l'on habite un étage élevé. Je me demandais si elle était encore en activité, cette centrale thermique au charbon datant des années 50, quand les mines fournissaient à la région mais aussi au pays, qui s’avérerait plus tard fort peu reconnaissant, toute l’énergie dont ils avaient besoin. Quelle n'a pas été ma surprise de découvrir qu'elle vient de fermer, après un nouveau combat syndical pour repousser l'échéance, un de plus dans cette région qui a vu disparaître tant d'industries, sacrifiées pour libérer de l'argent à faire fructifier sans ouvriers. Bon, ce n'est pas le sujet...



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/16/Bers%C3%A9e-22.jpg/360px-Bers%C3%A9e-22.jpgEt puis, nous avons traversé Orchies sans rien dire. J'ai reconnu l'église de Bersée, si massive. Et ensuite, un mythe de ma jeunesse, Mons en Pevèle, sa dure montée. Pour les coureurs, ce n'est qu'un secteur pavé vaguement en faux plat. Mais à quatorze ans, sur un demi-course, ce n'était pas si facile.



Après, on quitte mon pays, on entre dans la région de Lille, pour ainsi dire l'étranger. Voilà, j'ai eu ma dose de maisons en brique rouge, de routes cette année sans boue mais dont les bas-cotés sont bien dotés de fossés où l'eau est présente. Je peux reprendre mes activités normales.

 

Juste encore un détail. L'enfer du Nord, il a plutôt un goût de paradis.

 

Note: les images sont en licence Commons (wikimedia)

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 06:09

Cette année non plus je ne serais pas au bord de la route. Route, le mot est fort pour désigner ces chemins pavés où le reste de l'année il passe surtout des engins agricoles. Il y a bien longtemps que l'on a goudronné les routes un peu importantes et les rues des villes.



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Trouee_dArenberg_-_Paris-Roubaix_2008.jpg/398px-Trouee_dArenberg_-_Paris-Roubaix_2008.jpgJ'ai bien quelques souvenirs de pavés disjoints où je roulais à vélo, où j'étais secoué et où cette pauvre bicyclette souffrait sans doute encore plus que moi. Les derniers ont disparu quand j'habitais encore là bas. Il fallait être moderne et en plus, ces pavés, ce n'était pas très bon pour l'automobile toute puissante. Pas plus que pour ces vélos où il fallait appuyer fort sur la pédale pour avancer sur le grès glissant les jours de pluie.



Paris-Roubaix, c'est le souvenir de dimanches à la campagne où l'on écoutait le transistor pour savoir où ils allaient passer. Passer, c'est le mot. Il reste l'image furtive d'un champion couvert de boue, qui disparaît déjà sans avoir vu ni entendu cette femme qui crie « Vas-y Poupou ». Pourtant c'étaient les Rick Van Looy, Jan Jansen, Walter Godefroot ou bien sur Eddy Merckx qui étaient devant. Mais on avait vu Poupou.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/68/Mons_pav%C3%A9_%282%29.JPG/320px-Mons_pav%C3%A9_%282%29.JPGOn admirait les coureurs, au point d'escalader la côte de Mons en Pevèle, par le côté le plus difficile. Évidemment, ce n'est pas l'Aubisque, mais c'était notre Tourmalet. Et puis, dans les Pyrénées, ils n'ont pas les pavés. C'est sûr, nous nous prenions pour les coureurs de Paris-Roubaix en roulant sur ces pavés pour aller à l'école.

 

Il m'est arrivé de regarder Paris-Roubaix à la télévision en direct tout en étant à des milliers de kilomètres. C'est sans doute dans ces occasions que je me sentais le plus appartenir à ce pays qui défilait.

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:29

Je viens de tomber sur un article que j'ai vraiment envie de partager, de faire lire à ceux qui ne connaissent pas cette région où je suis né. Surtout que demain, c'est Paris-Roubaix et que l'on va entendre un bon nombre de fois le fameux "enfer du Nord".

 

 

http://md0.libe.com/photo/506836/?modified_at=1364924000&ratio_x=03&ratio_y=02&width=476Je ne suis pas bien sûr que cette image des deux terrils jumeaux de Loos, j'ai le droit de la reproduire. On dira que c'est une citation. Sur la page où je l'ai vue, elle est signe "Adam Prominski". Salut à toi "Prom", mais là je pense à un camarade de classe, pas au photographe qui est peut-être un parent, la région n'est pas si grande.

 

Loos, ce n'est pas tout à fait chez moi. On les voit pourtant de la fenêtre, ces deux montagnes. Il faut dire que dans la plaine, du dixième étage, on voit loin.

 

Je pourrais paraphraser ici ce qui est dit dans le journal, il est plus simple de cliquer le lien ci dessus (ou sur la mer verte qui s'étend au pied des terrils).

 

 

J'ai grandi entre canaux et terrils, et dans la fumée des usines. Les canaux sont toujours là, bien que l'homme du Picardie ait presque disparu. Beaucoup de terrils ont disparu aussi, ils ont servi à construire des autoroutes. Quant aux usines, beaucoup de leur cheminées de brique ont été abattues dans les années soixante-dix. Même en cherchant, je ne trouve pas de mineurs dans mes ancêtres. Certains des miens vivaient sur les canaux, ils étaient leurs frères en labeur quand il fallait, à bras d'homme, tirer les lourds challands. Il n'empêche, la mine, les terrils, c'est ma famille.

 

Les gens ne sont pas riches et le chômage est fort dans l'ancien bassin minier. Alors parfois, le désespoir gagne, une vaine colère pousse les enfants des mineurs à croire quelques marchands d'illusion. Pourtant, rien n'est acquis, et c'est exactement ce que dit cet article.

 

Et tant que j'y suis, je vais aussi vous envoyer chez Marcel. C'est un blog "ch'ti", où l'auteur nous fait partager ses ballades, le long des canaux, près des étangs et parfois aussi tout en haut de ch'terril.

 

L'enfer du Nord...

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 06:09

J'ai un ami irakien. C'est du moins ce que j'aimais dire à mes collègues américains du temps où ils ne se connaissaient qu'un ennemi, le dictateur irakien justement. Et du temps aussi où certains là bas avaient trouvé spirituel de débaptiser les "French fries" pour protester contre le peu d'enthousiasme soulevé chez nous par les déclarations belliqueuses du génie de Pennsylvania Avenue de l'époque. Tout le monde sait pourtant que la frite est belge et se déguste pour elle même, avec du vinaigre ou de la mayonnaise, à la baraque évidemment.

 

 

Mon ami irakien, il faut dire qu'il est un peu vieux. Et même tellement vieux qu'il n'a jamais connu de mot "Irak". Ni les frites d'ailleurs. 

 

Mon ami venu d'Irak, ou peut-être bien d'Iran n'est pas tout à fait un réfugié. Non, on l'a rapporté à Paris vers 1900. A l'époque, le monde était simple: il y avait les civilisés, ceux qui allaient par deux fois manquer de peu de détruire le monde au cours du siècle qui commençait, et les autres qui n'avaient aucun droit et surtout pas celui de conserver, et encore moins d'étudier les précieuses découvertes que faisaients les archéologues européens et en l'occurrence français.


P1050763 Louvre code Hammurabi face rwk

 

C'est ainsi que depuis maintenant plus d'un siècle, mon ami irakien, ou peut-être iranien car bien sûr ces frontières n'étaient pas fixées à son époque, habite Paris. Je suis parfois surpris que personne n'ait encore réclamé son expulsion.

 

C'est un étranger, et en plus il est très subversif mon ami

 

Sans doute le connaissez vous, il s'appelle Hammurabi.

 

 

 

Mon ami est effectivement très subversif: il est le plus ancien texte de loi connu.C'est dire s'il est dangereux.

 

A vrai dire, il est devenu encore plus subversif quand j'ai pensé à lui en lisant le mot "cunéiforme"  sur une autre page du net. Il faudrait que j'aille lui rendre une petite visite: on le trouve facilement et il est rarement entouré de trop de monde. 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 09:23

 

Rebondir, sauter d'une idée qui germa dans l'esprit d'une autre à mes souvenirs et mêler tout cela. N'est ce pas une pure merveille que nous offre l'internet ? Lire, au matin, quelques mots écrits ailleurs et aussitôt sentir surgir des images de moments qui pourraient être oubliés depuis longtemps.



http://www.bm-douai.fr/opacwebaloes/Images/Paragraphes/service/BMDOUAI-SalleJeune.jpgBibliothèque. Ce pourraient être des soirées à Beaubourg encore neuf et dénigré, ou des jeudi après -midi à rechercher le « Jules Verne » encore inconnu dans la partie baptisée « heures joyeuses » réservée aux enfants d'une bibliothèque municipale (ci contre aujourd'hui), mais non, ce sont des matinées avec trois camarades de classe, toujours les mêmes dans cette longue salle, au dessus des « heures joyeuses », étrangement lumineuse où nous nous installions pour rechercher la traduction d'un texte de César ou plus souvent de Sénèque.



C'était notre façon de faire ces devoirs de version latine. Certains puristes penseront que ce n'était guère honnête, pourtant avec le recul des années, je pense avoir plus appris en épluchant les ouvrages de la collection Guillaume Budé qu'en suant sur un Gaffiot trop lourd.

 

Et puis, si longtemps après, cela laisse ce souvenir du jour où notre professeur déclara, en rendant les copies « Messieurs, vous avez recopié le contresens de la collection Guillaume Budé ». Evidemment, sur le moment, c'était un peu gênant mais quarante ans plus tard, ou presque, cela fait un bien beau souvenir.

 

Et puis, somme toute, ce professeur d'un autre âge nous a beaucoup apporté. Il avait fait Normale avecpict003 Pompidou et Senghor mais lui terminait sa carrière comme simple prof d'un lycée de province. Très peu d'années après, Jean-Claude (ci contre), l'aumonier du lycée et prêtre dans la ligne de Vatican II, me dit qu'on l'avait appelé pour donner les derniers sacrements à celui que nous avions connu comme prof de latin et plus certainement comme passeur de culture. C'est étrange, nous aurions tous juré que ce professeur n'était pas croyant. Qui sait ce que nous penserons au dernier instant?

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 06:09

On a découvert des étoiles, ou des presque étoiles, très près de nous, à 6 années lumière, autant dire juste à côté à l'échelle de l'univers. Un article du Monde, ou plutôt d'un blog du Monde en parle beaucoup mieux que je ne saurais le faire, à moins de le recopier mais à quoi bon, l'hypertexte est fait pour nous transporter instantanément ailleurs.

 

 

 

Two Brown Dwarfs in Our Backyard

WISE 1049-5319

 

By NASA/JPL/Gemini Observatory/AURA/NSF [Public domain], via Wikimedia Commons

 

Evidemment, ici, ce n'est pas un blog d'astronomie, alors pourquoi donc consacrer une page à ces corps célestes ? Et pas question d'en faire le thème d'un haïku:

 

Une naine brune

Près de sa soeur apparut

Printemps de la science

 

C'est un peu capillotracté, n'est-ce pas ?  Peut-être mais aujourd'hui, j'ai décidé que je m'en moquais. Naine brune, le nom me plait. Je sais bien qu'elle ne sont brunes que par opposition aux naines rouges, autres corps célestes connus depuis plus longtemps, mais voilà, je préfère oublier la science.

 

Et puis enfin, il me plait de penser qu'ailleurs, dans un autre monde, on a aussi découvert ces naines brunes, et qu'on les a appelées autrement. Qui sait, géantes roses? Peut-être même là bas, ou là haut, les scientifiques sont ils restés des poètes et baptisent-ils les étoiles en alexandrins, les dotant d'une devise sous la forme d'un sonnet ou les illustrant d'un haïku reflétant la surprise de l'astronome les découvrant? Qui sait?

 

Moi, je sais. Il est un monde où les astronomes sont des poètes et, parce qu'ils sont aussi des gens pratiques, ils ont décidé de nommer non seulement les planètes, étoiles et autres galaxies par des haïkus mais chaque être est aussi désigné de cette façon.

 

Qu'attendons nous pour faire de même ?

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 06:09

En réalité, c'est en partant de Korhogo, principale ville du nord de la Cote d'Ivoire, une trentaine de kilomètres à l'ouest de Ferké, que l'on découvrait des mines de fer tout à fait artisanales et des haut-fourneaux dont le fonctionnement est certes très comparable à celui des industries de M Mittal mais à une échelle bien différente.

 

HautFourneau

 

Et le chargement du même haut-fourneau:

 

ChargeHautFourneauKorhogo1981

 

Et enfin la mine!

 

MineFerBisKorhogo1981

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 12:25

La fraîcheur m’a surpris ce matin. Peut-être étais-je resté dans l’impression de printemps glanée hier à Toulouse ? Le Touch était encore gonflé, la prairie était couverte de taches blanches, pâquerettes venues à l’heure dite.

 

La fraîcheur. Immanquablement, dans cette impression, c’est un matin de plus en plus lointain qui me vient à l’esprit. Un matin près de Ferkesédougou. J’ai connu des froids bien plus vifs, comme celui que procure le vent qui s’engouffre dans les rues trop droites des villes américaines et dont on tente de se protéger d’un bonnet vissé sur la tête ou en plongeant ses mains dans d’épaisses mitaines. Pourtant, c’est bien au froid de la savane que je pense quand le matin, ici, dans la rue, je rencontre cette fraicheur-là.

 

Il ne faisait sans doute pas si froid ce matin de janvier d'un autre siècle, déjà, à Ferkessédougou. L’harmattan devait souffler, un peu. Nous n’étions pas emmitouflés et probablement vêtus de simples chemisettes, de pantalons légers, ceux de l’été permanent qui était notre ordinaire. Nous ne remarquions probablement pas que les gens qui vivaient là se protégeaient d’un bonnet de laine et avaient revêtu de gros manteaux incongrus.

 

Le matin de Ferkessédougou était frais. Il était brumeux, sans que l’on sache bien si ce n’était pas plutôt une vague de poussière qui nous entourait. La lumière rasante annonçait un jour ordinaire où la chaleur finirait par l’emporter, un autre jour sans pluie puisqu’il ne tomberait pas une goutte avant plusieurs mois.

 

Nous avions vingt ans, ou à peine plus. Le monde nous appartenait. Mais ce matin-là, dans la fraîcheur, nous appartenions au monde.

 

Korhogo1983-copie-1

Matin de Ferké

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 23:13

La presse française n'en a rien dit, ou presque. Ce n'est que par Frat-Mat (alias Fraternité Matin) que j'ai appris la nouvelle, et encore, par un tweet.

Chinua Achebe est mort. Il nous a quitté à 82 ans.

 

Probablement, certains de ceux qui liront cela se demanderont de qui je parle. Chinua Achebe est le premier écrivain ouest-africain de langue anglaise connu. Bien avant le prix Nobel Wole Soyinka, le cousin de Fela. Il est surtout célèbre pour son roman "Le monde s'effondre" ("Things fall apart").

 

On peut un peu expliquer ce chef d’œuvre qu'est "Le monde s'effondre" par une citation de Chinua Achebe: "Pour ma part, je serais plus que satisfait si mes romans pouvaient déjà montrer à mes lecteurs que leur passé -avec toutes ses imperfections- n'était pas une longue nuit de sauvagerie dont ils ont été délivrés par les premiers Européens agissant au nom de Dieu.". Cela situe assez bien ce monde qui s'effondre, qui est celui d'une Afrique antérieure à la colonisation, dans ses règles ancestrales qui n'ont rien d'un monde sauvage, une Afrique que seuls des attardés archaïques osent encore nier en s'enfermant dans ce mythe qui prétend que l'homme blanc a trouvé le néant et a fait entrer ce continent oublié dans l'histoire. Oublié, oui, par une histoire ethnocentrique qui a soigneusement enlevé les traces des échanges anciens avec les autres mondes, ceux de l'époque où l'empire de Kango Moussa figurait sur les cartes du roi de France.

 

A tous ceux qui confondent l’Afrique avec sa caricature, celle de Tintin au Congo ou encore, hélas, celle de certains discours trop récents pour être plus ignorants que malveillants, je recommande de prendre le temps de lire "Le monde s’effondre". Il décrit la fin d'un monde, celui de ses ancêtres, celui de ses propres grand-parents. Vous verrez, il n'était pas si différent de celui de nos grand-parents.

 

Et pour ceux qui douteraient de l'importance d'Achebe, je ne citerai que l'un des tweets vu aujourd'hui:

Sur l'article qui est référencé par le tweet, on peut lire ceci: Nelson Mandela referred to Prof. Achebe as a writer “in whose company the prison walls fell down”.

 

Bien sûr, on peut toujours dire que l'on n'a pas envie de le lire. Mais voilà, aujourd'hui, j'ai appris la disparition de Chinua Achebe, et je ne pouvais faire autrement qu'écrire quelques mots à sa mémoire.

 

Lisez-le.

 

PS: La presse française, avec un peu de retard, s'est décidée à annoncer cette disparition. On y trouvera biographie et éloge:

Mais, c'est en anglais qu'il faut lire l'article du Huffington Post dont voici un extrait:

"It would be impossible to say how `Things Fall Apart' influenced African writing," the African scholar Kwame Anthony Appiah once observed. "It would be like asking how Shakespeare influenced English writers or Pushkin influenced Russians. Achebe didn't only play the game, he invented it."

"Things Fall Apart" has sold more than 8 million copies worldwide and has been translated into more than 50 languages.

Et sa traduction

"On ne peut pas dire combien "Le Monde s'effondre" a influencé la littérature africaine, a déclaré un jour l'universitaire africain Kwame Anthony Appiah, "Ce serait demander quelle a été l'influence de Shakespeare sur les écrivains anglais ou Pouchkine sur les russes. Achebe ne fait pas seulement partie du jeu, il l'a inventé."

"Le monde s'effondre" s'est vendu à plus de 8 millions d'exemplaires de par le monde et a été traduit dans plus de 50 langues.

Voilà, ces mots extraits de la nécro du Huffington Post situent l'importance dans l'histoire de la littérature mondiale de Chinua Achebe. Et non, je ne découvre pas aujourd'hui, il fait partie depuis toujours de ma bibliothèque proposée par le lien à droite de ce blog.

 


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