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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 22:09

 

Vendredi ! Chaque semaine, je m’offre, pour deux euros, le droit de rêver. Aujourd’hui, ce sont cent millions qui sont proposés. Oh, je sais bien que les probabilités sont contre moi, qu’il est presque impossible que je reçoive demain cette fortune. Oui, mais tout est dans le « presque ». Infinitésimale, pas nulle.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Trebol_cuatro.jpg?uselang=frLes deux euros que j’ai payé, c’est le prix de l’imagination, le droit de planifier l’utilisation de cette fortune. Comme tout le monde, sans doute, je m’offrirais quelques plaisir égoïstes. Un Saint Emillion de grand millésime, un Armagnac longtemps vieilli, que sais-je. Non, pas de voiture de sport. Probablement pas non plus de maison luxueuse, je n’aime guère ce milieu. Peut-être, si elle était à vendre achèterais-je la maison où je suis né, où je ne retrouverais pourtant pas les souvenirs qui y sont nés aussi mais se sont envolés depuis longtemps.

 

C’est vrai que cette semaine, c’est une somme. Elle permet de faire grossir les rêves. J’aimerais acheter quelques appartements dans les beaux quartiers, certainement pas pour les habituer car on s’ennuie chez les bourgeois hautains calfeutrés derrière leurs portes blindées. Non, je les louerais pour une bouchée de pain à des pouilleux, à ceux dont les méprisants personnages qui aiment ces morceaux de villes réservés veulent fuir. L’idée me plaît.

 

On ne peut pas changer le monde avec cet argent, sans doute. Sinon, d’autres qui ont des moyens bien plus grands y seraient parvenus. Tiens, drôle de mot. Mais au moins peut-on apporter sa pierre à l’édifice, il y a tant à faire, on n’a même pas creusé les fondations. Il est vrai que dans notre société, pour avoir de l’argent, comme pour le pouvoir, il faut d’abord le vouloir, le désirer, et fort. L’argent est devenu un but pour certains qui ne se rendent même plus compte que leur accumulation égoïste, qui se nourrit de la misère d’une multitude, est insensée.

 

Ah oui, 325000 francs. Le monde n’a pas tellement changé depuis 1955.

 

PS: j'ai changé la date pour remettre le post sur Chinua Achebe en tête.

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 23:59

Là, maintenant, j'ai envie d'écrire une histoire à quatre mains. Si ça vous dit...

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 06:09

C’est un goujat ordinaire. Il entre dans la rame et bouscule ceux qui y sont déjà tout en bougonnant un « pardon », puis un second plus ferme qui explique à tout un chacun qu’il ne demande pas mais qu’il exige.


Aussitôt, je vois en cet homme sans âge, à la tenue faussement décontractée qui convient à l’ouest parisien, un banquier. Oh, le terme est exagéré, juste un employé de banque, un de ceux qui accueillent le bon client d’un air obséquieux et qui irradient le mépris quand un pauvre bougre vient quémander un délai, quand le plombier espère un peu d’air qu’on lui refuse en souriant tout en invoquant les contraintes qu’ impose « le siège ».

 

Le goujat ordinaire oblige ma voisine à me pousser, et moi, tant bien que mal, je résiste, bascule, me redresse et évite d’être le domino qui fait tomber les autres. Je suis un héros ordinaire. Oh, cela n’irait pas bien loin, la porte opposée nous arrêterait. Je ne suis peut-être pas un héros, finalement. L’homme est tranquille, ignore la foule entassée dans cet espace réduit. Lui, il a trouvé sa place et on sait qu’il se précipitera sur le premier siège qui se libérera au prochain arrêt, sans même s’assurer qu’il n’y a ni femme enceinte, ni vieillard fatigué espérant aussi cette banquette salvatrice.

Le goujat ordinaire est descendu avant moi. Nous nous sommes ignorés. Demain, un autre goujat ordinaire se présentera, il faudra bien lui dire son fait. Sinon, à quoi sert d’être un héros ordinaire ?



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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 06:15

Tiens, c’est le printemps. C’est écrit sur le calendrier qui est au mur. Mercredi 20 mars : Printemps, pas Saint Ambroise, ni Saint Archippe, non simplement « printemps ».



On peut donner bien des sens au printemps. Mon vieux fond scientifique me dit que c’est le moment où les jours se mettent à rallonger moins vite : demain, le monsieur ou la dame météo de service, en annonçant le nombre de minutes de soleil gagnées devra être moins triomphal. Ce nombre, inexorablement, va diminuer jusqu’au solstice d’été quand, horreur, nous commencerons à perdre ces précieuses minutes de soleil.

 

Le ralentissement de l’allongement du jour à partir de cet équinoxe me laisse toujours pantois. On n’y peut rien, c’est ainsi et ce sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Il est vrai que quelque ministre joueur, prenant prétexte d’économies, accorda voilà quelques années une heure entière de jour aux soirées, mais il dut les prendre aux matins, lesquels auraient pu manifester en rangs serrés de la Bastille jusqu’à la Place de la Nation scandant des slogans outragés pour réclamer qu’on leur rende toute cette heure accordée, par pur favoritisme, aux soirées. Tout de même, un défilé des matins, promenant banderole dans les rues de Paris, j’aurai aimé voir ça.



Et l’équinoxe, pourquoi n’entend-on pas l’équinoxe élever la voix et réclamer plus de place, au lieu des deux malheureux jours annuels qu’on lui accorde. C’est injuste et la République Française, qui arbore fièrement le mot « égalité » dans la devise aurait dû penser à donner plus de place au moment où nuit et jour sont égaux. Et non seulement égaux chez nous mais partout. Bien sûr, le jour triche un peu et mord sur la nuit grâce au crépuscule, mais après tout, n’est-ce pas tout le contraire ? N’est-ce pas la nuit qui s’empare du jour ?



Mais je m’égare, le printemps, c’est scientifique.

 


Equinoxes et solstices

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:06

Cette fois, je l'ai vue! La comète Panstarrs s'est montrée.

 

Bien sûr, les esprits chagrins diront qu’il ne s’agit que d’une tache de lumière à peine visible, et encore en la cherchant bien. C’est vrai, ce n’est que muni d’une boussole et d’une paire de jumelles que j’ai pu la distinguer, bas sur l’horizon ouest, un peu au sud. Une fois qu’on l’a repérée, on la devine dans le ciel, à l’œil nu.

 

Mais enfin, si on peut l’apercevoir dans un ciel sale, malgré les lumières de la ville, qu’aurait-on vu en un autre lieu, en un autre siècle ?

 

Je suis charpentier, et dans mon village du Gers, tout en haut, on sait qu’il y a un empereur là-bas à Paris, un neveu de l'autre dit-on, mais ici la vie est rythmée par les saisons et les étoiles du ciel nous montrent la voie quand parfois il faut retrouver son chemin. Cette lumière dans le ciel m’a surpris. Je vais à l’église le dimanche mais je ne crois pas aux manifestations surnaturelles. Mon fils Joseph, il s’appelle Joseph comme moi et comme mon père avant nous, me dit que cela s’appelle une comète, que c’est une sorte d’étoile, qui voyage dans le ciel. Joseph a été à l’école, bientôt il ira au lycée à Toulouse. Je le crois, mais tout de même cette étoile avec un panache qui se dresse vers le haut, c’est étrange.

 

http://amisduvieuxcastera.voila.net/images/eglisehistoriqueg.jpg

Là où Joseph vit la comète

 

Je suis paysan, un paysan de notre Gascogne, bien loin de la peste qui semble menacer tout le royaume. Ce soir, j’ai vu une étrange étoile dans le ciel. C’est sans doute un signe de Dieu : elle n’était pas là hier et elle est ornée d’un panache qui se dresse vers le haut. Est-ce le Saint Esprit qui se montre, ou est-ce au contraire le Malin qui nous menace. Un signe, oui, mais n’est-il pas maléfique ? Notre curé nous le dira. La peste nous épargnera-t-elle ?

 

Je suis un homme libre depuis que le maître est mort. Il m’a pris avec lui, car un esclave n’est rien d’autre qu’un bagage sans nom, quand il est venu dans cette lointaine contrée qui ressemble à cette province d’où nous sommes partis. Sa mort a été ma chance : ici, je passe pour un romain, ils ne savent pas que j’étais la propriété ce celui qui était aussi leur maître. Je suis libre et j’attends un signe. Les dieux du maître ne sont rien et je scrutais le ciel quand j’ai vu cette étrange étoile, celle qui est apparue et s’allonge vers le haut du ciel. C’est le signe, je vais rester ici.

 

Je ne suis pas encore un homme, j’ai à peine une conscience. Je ne sais pas que dans plusieurs dizaines de milliers d’années, vous appellerez cette terre Afrique et qu’un de mes lointains enfants m’imaginera et me ressuscitera pour un instant. D’ailleurs, je ne sais guère ce qu’est une année, alors des siècles, pensez… Ce soir, j’ai vu une étoile inquiétante. Les autres brillent mais celle-là, en plus crache une lumière au-dessus d’elle. J’ai peur.

 

Voilà, ces quelques âmes m’ont parlé ce matin et m’ont raconté ce qu’elles ont vu. Des âmes… Si seulement j’y croyais, aux âmes.

 

Note après publication: ce post est fait le jour de la St Joseph et c'est une pure coïncidence, relevée par hasard. A moins que les âmes n'y soient pour quelque chose, bien sûr.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:09

 

Je parcourai un blog que j'avais l'habitude de fréquenter, puis que j'avais oublié et que je retrouve avec plaisir. Allez-y. Vous verrez, c'est très différent d'ici, et pourtant il parle de moi ce Marcel qui pourrait être un cousin ou un grand frère.

 

En voyant cette vieille péniche, j'ai eu envie d'écrire à nouveau à propos des bateaux. Car on dit bateau, simplement, dans la marine.

 

Et puis, des souvenirs sont revenus. J'avais  déjà écrit sur le sujet, c'était dans un tiroir. Le moment était venu de l'ouvrir. Ce sont des extraits de "crime passionnel" que j'ai ainsi exhumé. L'un d'eux, je l'appellerai "canal". J'aurais pu le recopier ici, mais après tout, chacun est libre d'aller voir, ou pas.

 

Le canal que l'on voit ci dessous est celui de mon texte, c'est le mien et j'en avais fait celui de mon personnage.

 

Pont esquerchin

 

Cette image, qui est une carte postale, je peux la dater à peu près. Elle a une cinquantaine d'année, et forcément antérieure aux années soixante-dix. A droite au bord du canal, de l'autre côté de la rue qu'on appelle boulevard, on distingue, derrière les platanes, tout à fait à droite de l'image, un mur ou une palissade qui n'existait plus en 1967. Le pont, lui, existe toujours mais il a bien changé. Quant aux cheminées que l'on distingue presque au loin, elles ont été abattues pour faire place à de jolis HLM et même à une université.

 

Le canal, seul, reste impassible. D'autres bateaux y passent.

 

Et puis, en fouillant mes archives, j'ai retrouvé une vue du même endroit, prise depuis une fenêtre qui n'existait pas au temps de la carte postale.

 

Peniche

 

La rive opposée, à peu près au niveau de la cabine de la péniche, doit être le lieu de prise de vue de la carte postale. J'estime à 15 à 20 ans l'écart entre les deux images. Evidemment, la plus ancienne est pratiquement à l'horizontale, avec un objectif presque grand angle alors que la mienne, en plongée, a dû être faite au 100mm (la bordure me montre que c'est une diapo numérisée il y a un moment, avec les moyens du bord).

 

Oui, c'est bien mon canal, celui qui sentait le goudron en été.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 00:00

 

Un instant j'ai rêvé de la rejoindre, ou plutôt qu'elle me rejoigne. Qui étais-je pour une telle audace ? Elle est bien trop loin, bien trop inaccessible. Elle est belle en se laissant deviner, car elle ne se montre guère et ceux qui voudraient la prendre pour eux ne doivent pas commettre d'erreur. Aucune faute de goût ne saurait être acceptée, pas même pardonnée. Elle est mystérieuse et se réserve à ceux qui savent l'amadouer. Elle leur offre alors sa grâce en un moment où le temps ne choisit pas de s’arrêter mais de voler pour rejoindre un monde où tout est aboli, ou aucune chaîne ne retient personne, où les esprits comme les corps sont libres. Un monde où une certaine fête devient règle de vie. Une fête andalouse, celle où l'inconnu la rejoint, celle où elle s'offre à lui en l'enveloppant de ces parfums prégnants et subtils qu'elle a choisi. L'Andalousie est reine, elle décide.



Une coïncidence de date m'amène à rêver d'une fête andalouse en un jour qui me ramène, ne serait-ce qu'un instant à une autre fête, perdue pour laquelle j'écrivis des mots qui promettaient un amour fugace et éternel ce jour là. Je l'ai oublié.



L’Andalousie est si loin pourtant, si énigmatique. A ma manière je l'aime, idéale ou fantasmée ce qui n'a guère d'importance puisque, si elle veut, si elle choisit, elle est.



Andalousie, un instant, je vais oublier le voussoiement qui convient à une reine et te dire que ces mots, trop faibles, me sont venus par toi. Qu'importe qu'ils ne soient compris des yeux qui les découvriront, si ce n'est, peut-être, par ceux que la lumière andalouse éclaire.

 

 

http://media1.voyages.woopic.com/medias/images/voyager-en-images/normales/campofrio-andalousie-espagne-europe_89162.jpg

Inaccessible

 

PS: Alfred de Musset a décrit son andalouse, je l'avais oublié:


Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d'automne !
C'est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d'Amaëgui !

La suite est ici

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 05:58

« Aubervilliers La Courneuve » dit la voix, neutre, sans enthousiasme, sans lassitude non plus. Je cherche le fantôme de cette barre détruite voilà quelques années, ou bien celui des vies qui s’y sont déroulées, sans enthousiasme, et avec lassitude parfois.



D’une plaine qui fut agricole, puis industrielle, on avait fait un dortoir vertical, sans intention maligne. Mais avec la fatalité pour alliée, l’immeuble bleu rutilant était devenu gris et terne comme ce qu’il restait de ses habitants, condamnés à vivre là puis à y mourir et qui peu à peu en étaient venus à ignorer qu’il existait un monde où les fleurs surgissaient ailleurs que dans les fissures du béton.



Les fantômes sont dans ce train dont les passagers somnolent après une journée d’un travail qu’on leur a donné, pourtant, lui aussi sans intention maligne. Les esprits des pierres et de leurs anciens habitants sont là parmi nous, je sais qu’ils nous observent et s’interrogent, silencieusement. Eux aussi sont las et aspirent au repos, celui des âmes errantes qu’on ne leur a pas offert. Ils sont épuisés, oubliés jusque dans la mort.



« Aubervilliers La Courneuve » a dit la voix sans chaleur ni froideur.

 

http://lacourneuve.blog.lemonde.fr/files/2011/08/IMG_5059.jpgLa barre Balzac en démolition

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 05:12

J'ai hésité, un peu. Une occasion comme ça, on ne va peut-être pas en avoir une de nouveau avant un moment. Mais si je suis baptisé, je ne suis pas pour autant catholique. Un prêtre de mes amis (mais si) m'a dit un jour « le baptême, c'est une ligne directe avec Dieu ». Allo ? Allo ? J'ai plutôt l'impression que la ligne est en dérangement. Oh, ça n’empêche pas des crises mystiques, ni de l'engueuler de temps en temps l'autre tout puissant. Le pari de Pascal à l'envers en somme, si jamais il existe, il sait que je râle.

 

Donc, voilà, ils ont choisi un italien. Raté pour mon pari canadien. Je sais, il est argentin, le pape. J'ai furieusement l'impression que le saint esprit a beaucoup murmuré en italien pourtant.

 

Je note tout de même que @pontifex_ln a twitté à 20h33 « HABEMUS PAPAM FANSCISCUM », si c'est pas moderne, tout de même ? Et le même message envoyé par @pontifex a été retwitté 10000 fois plus que celui de @pontifex_ln alors qu'ils étaient rigoureusement identiques.

 

On verra bien si l'église de François dit moins de bêtise que celle de ses prédécesseurs.

 

En attendant, pour l'accueillir je fais le vœu de renoncer au péché.

 

 

http://www.vatican.va/holy_father/francesco/img/francesco.jpg

Franciscus I

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 15:50

 

Une torpeur blanche s’est emparée de Paris. Offensive hivernale, radote le type de la météo à la radio. C’est vrai, le printemps avait déjà séduit les cœurs et les arbres fruitiers, rosissant sans doute de plaisir, faisaient croire que l’on en avait fini avec givre, neige et verglas. Mais la bise est revenue.

 

Le vert et le blanc s’épousent, profitons-en. Oh, c’est un vert naissant et un blanc fatigué, qui hésite et reprend vigueur, et il ne viendra rien de cette union contre nature. Rien. Juste quelques éphémères paysages, d’une couleur qui n’est pas celle qui s’impose chaque jour et qui demain aura disparu.

 

Des remblais se prennent pour des montagnes, il faut leur pardonner : on les a couverts d’épicéas et la plaine de France se donne des airs de Vosges jusqu’au moment où surgit une route, un pont, un bâtiment que le blizzard cachait.

 

Le béton n’est qu’illusion, le route serpente jusqu’au lac des corbeaux.

 

http://a403.idata.over-blog.com/1/72/23/23/Avril09/Vosgesavril09-026.jpgLe lac des corbeaux

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